|
|
A Souvenir from Lirey
In April 2007, I visited the Cluny Museum in Paris, dedicated to the
Medieval Age. One of the very small item on display is a medallion
representing the Shroud. It was found in the Seine river, under the
"Pont-au-Change" bridge, in 1855. This was most probably from a
pilgrim who went to Lirey, France, to see the Shroud. It is definitely
established from several historical records that the Shroud was in
Lirey from 1353 to 1453. It is the only known exemplar to have been
found. It is interesting to note that several similar medallions were
also found around the same time in the Seine, one representing the
Sainte Tunique. But this is a completely different subject.

Photo Copyright Mario Latendresse
|
|
Enseigne de pèlerinage/Pilgrims' badge
Saint Suaire du Christ/Holy Shroud of Christ (today in Turin)
Made of Lead and Tin. (click to enlarge)
|
|
Photo Copyright Mario Latendresse
|
|
The entrance of the Cluny Museum in Paris, France, where
the Lirey medallion is kept.
|
|
On this page are photographs of the entrance of the museum and of
the medallion. You can get a high resolution version of the medallion
by clicking the photograph. Many details are easily visible. In
particular, the author of the medallion interpreted the wide blood
stain in the lower back of the man of the Shroud as a chain. He was
not the only one. Interestingly, it was produced before the 1532 fire
that damaged the Shroud, in particular in the region of the shoulders.
Nowadays, several triangle shaped holes surround the image of the man
of the Shroud.
I reproduce on this web page the text of the catalogue of the museum describing this
medallion. It is written in French.
Note that the author of this text takes it for granted that
the Shroud of Lirey, i.e., today's Shroud of Turin, is genuine.
Catalogue Musée National du Moyen Age, Thermes de Cluny.
Saint Suaire de Lirey
Aujourd'hui déposé à Turin, le saint Suaire est le linceul
dans lequel le Christ fut enseveli et sur lequel apparaît
l'image de son corps meurtri. Du Ier
siècle de notre ère, où le Suaire
est attesté par les Évangiles, jusqu'au Xe
siècle, la relique apparaît
selon des sources diverses à Jérusalem. C'est dans doute en 944, sous
le règne de l'empereur byzantin Constantin
Porphyrogénète, qu'elle arrive à Constantinople où elle reste
jusqu'aux premières années du XIIIe siècle. De cette
époque jusqu'en 1353 — date à laquelle Geoffroy Ier de Charny
ordonne la construction d'une église à Lirey (Aube)
pour conserver la précieuse relique — la situation
du Suaire reste inconnue. Cette date de 1353 est pour certains
la première et véritable mention du saint Suaire. Pendant un siècle,
la relique fut vénérée à Lirey. En effet en 1453, Marquerite de Charny
la cède à Anne de Lusignan, femme de Louis Ier duc de Savoie, qui
dépose alors la relique tout d'abord à l'église Saint-François de
Chambéry puis dans la Sainte-Chapelle du Palais ducal. Ce n'est
qu'en 1578 que le saint Suaire est transféré à Turin où il figure
toujours.
Une délicate enseigne de pèlerinage, provenant des fouilles
de la Seine, aujourd'hui conservée au musée national du Moyen Age,
apparaît comme l'un des rares témoins des dévotions médiévales vers le
saint Linceul du Christ.
Enseigne de pèlerinage : saint Suaire
Lirey, seconde moitié du XIVe-première moitié du
XVe siècle (avant
1453)
Plomb-étain
H. 45 mm; L. 62 mm
Historique
Trouvée à Paris dans la Seine au Pont-au-Change en 1855; anc. coll.
Forgeais. Acq. 1861-1862.
Enseigne de forme oblongue malheureusement incomplète au niveau des
parties supérieure et inférieure. Malgré l'absence de certains
détails, il est possible de reconnaître la représentation d'un autel
ou plus précisément d'une châsse flanquée de deux montants
architecturés.
Les petits éléments au-dessus du reliquaire représentent, quant à
eux, deux personnages dont les têtes ont disparu. Revêtus chacun
d'une chape — sur laquelle les bandes de leur étole respective
semblent se croiser —, les deux ecclésiastiques soutiennent une —
surface oblongue comme s'ils la tiraient délicatement du reliquaire
pour la présenter. Le fond de ce rectangle est orné de bandes
hachurées alternées reproduisant une oeuvre tissée. Sur cette dernière
repose, têtes affrontées et de part et d'autre d'une axe
de symétrie, la figure de deux hommes figurés nus, pieds et mains
liés. L'un est couché sur le dos, l'autre sur le ventre ; ceci
montre qu'il s'agit en fait du corps du même homme représenté
de face et de dos. Ces derniers détails révèlent l'identité
du Christ sur son linceul déployé.
La précision remarquable de cette scène et la reproduction
fidèle des deux faces du corps du Christ et du linceul attestent
le talent de l'artisan qui dessina la matrice sur le moule original.
Dans la partie inférieure de l'enseigne, précisément sur
la face antérieure de la châsse, figurent, de part et d'autre
de deux écus armoriés, les instruments de la Passion du Christ :
dans un cercle apparaît le tombeau vide, sans couvercle, duquel
s'élève la Croix devant la couronne d'épines. D'autres Arma Christi
(deux fouets, la colonne de la Flagellation, les clous et la lance) y
sont aussi représentés.
Quant aux deux écus armoriés apparaissant sur cette partie
de l'enseigne, Arthur Forgeais reconnaissait sur la figure
héraldique de droite les armes de Vergy qui étaient de gueules
à trois quintefeuilles d'or. Il concluait que l'enseigne
de pèlerinage avait été réalisée sous le pontificat de Guillaume
de Vergy, archevêque de Besançon (1371-1391) et qu'elle
était précisément à l'image du Suaire de Besançon. Il est
vrai que la cathédrale de cette ville conservait autrefois
un saint Suaire, mais Jules Gauthier dans ses Notes précisa que la
relique représentée sur l'enseigne était bien celle conservée à
la collégiale de Lirey (Aube). En effet, le linceul de Besançon ne
reproduisait qu'une seule face du corps martyrisé alors que celui
de Lirey montrait — comme sur l'enseigne — les empreintes pectorale
et dorsale.
En 1922, Max Prinet identifia le deuxième écu — à trois écussons
d'argent — qui n'avait pas retenu l'attention de Forgeais : il s'agit
des armes de la maison de Charny, puisque le saint Suaire avait été
donné à la collégiale de Lirey par Geoffroy Ier de Charny. Quant au
premier écu, à juste titre attribué par Forgeais à la maison de Vergy,
Max Prinet reconnut plus précisément les armes de Jeanne de Vergy,
femme de Geoffroy Ier de Charny.
La double représentation du Christ et les identifications héraldiques
permettent d'attribuer cette enseigne de pèlerinage à la collégiale de
Lirey et non à la cathédrale de Besançon, comme l'avait suggéré
Forgeais.
Fixée au vêtement d'un pèlerin — sans doute par des annelets,
aujourd'hui disparus —, l'enseigne montre l'ostension du saint
Suaire, moment privilégié du pèlerinage pour les fidèles. La
présentation de cette considérable relique était d'autant plus
appréciée par les foules pèlerines qu'elle ne se déroulait qu'une ou
deux fois durant l'année. Le revers de l'enseigne est orné, plus
modestement, de bandes parallèles alternativement hachurées.
Vraisemblablement coulé en de nombreux exemplaires, ce modèle
d'enseigne du saint Suaire n'est connu que par l'exemplaire du musée de
Cluny. Cependant, une enseigne de pèlerinage plus tardive, en bronze,
présente une iconographie assez similaire à celle-ci. Sous une triple
arcade soutenue par deux colonnes, trois évêques, reconnaissables à
leur mitre, soutiennent des deux mains le saint Suaire entièrement
déployé sur lequel apparaît à nouveau la double image du
Christ. Au-dessous, l'inscription S. Suaire lève le moindre doute
quant à l'identification de la scène. Par son style, l'enseigne
appartient à la seconde moitié du XVe siècle. Cette datation permet
toutefois de préciser que l'enseigne ne peut provenir de la collégiale
de Lirey, puisque le saint Suaire quitta la Champagne en 1453.
L'enseigne de bronze apparaît donc comme un excellent exemple de
transmission de modèle iconographique d'un sanctuaire à un autre.
L'ostension du Suaire est l'image du moment le plus attendu du
pèlerinage ; en récupérant cette iconographine d'une enseigne de
Lirey, l'exemplaire de Chambéry révèle que le contact avec les
reliques était toujours, à la fin du Moyen Age, la véritable quête des
pèlerins.
|